Eliah

This is a story for the writing contest, at Ego’s blog. I wrote it in French first and tried to translate it in English. I hope I managed to translate the emotion too.

———————————-

Cette nuit d’été était étrange. Un silence pesant reignait sur la forêt. Eliah était inquiète. La vieille louve surveillait d’un oeil attentif les deux fillettes elfes qui gazouillaient à la lumière de la lune. Elle pouvait sentir l’orage venir, ses rhumatismes commençaient à la faire souffrir. Eliah soupira. Il y avait longtemps qu’elle ne partait plus à la chasse avec son amie et cela lui manquait. Elle passait désormais de longues nuits à surveiller ses deux rejetons, si faibles que s’en était pitoyable. L’une des deux enfants cependant, celle aux cheveux verts de jade, se tenait debout depuis peu et courrait déjà partout, rendant ces nuits beaucoup moins reposantes.

Cependant, cette nuit, ce n’était pas les escapades des enfants qui l’inquiétaient. Non, une angoisse sourde la tenait, un mauvais pressentiment. Ne tenant plus en place, la louve commença a faire les cent pas dans la clairière, aux aguets. Cela faisait trois nuits que son amie était partie chasser seule. Depuis la naissance des petites, elle ne s’était jamais absentée aussi longtemps.

Tout à coup, les poils de sa nuque se hérissèrent. Elles étaient observées. Elle vit d’abord les deux petits yeux rouges et méchants du grell dans la pénombre, sa peau verte et crasseuse se confondait presque avec la mouse qui couvrait le sol. Il bondit vers les fillettes alors que la louve s’élançait vers lui. En un bond il était là et avait attrapé l’une des elfettes qui hurla, en un deuxième bond, il allait disparaître à nouveau dans l’ombre, emportant son butin, quand Eliah le vit tomber comme une masse, fauché en plein élan par une flèche à empenage blanc qu’Eliah connaissait bien. Menelie apparut alors tenant son arc d’une main et son épée de l’autre. L’elfe avait l’air exténuée, elle était blessée au flanc gauche et pouvait à peine marcher.

Elle se précipita vers sa fille rescapée du démon et l’installa à califourchon sur la louve, elle fit de même avec sa deuxième fille, puis elle les sangla avec une lanière de cuir et les chassa. Elle fit signe à Eliah de fuir, loin, sans s’arrêter, sans revenir. D’autres démons approchaient. Il fallait qu’elles survivent.

L’orage éclata enfin. Après avoir plongé une dernière fois ses yeux dorés dans ceux argentés de Menelie, Eliah s’élança droit devant elle. Elle filait comme le vent entre les arbres. Elle courrut toute la nuit, et continua d’avancer pendant le jour, malgré la douleur sourde dans ses muscles et celle plus intense encore dans son coeur qui lui disait que la compagne de toute sa vie avait succombé. Elle avait envie de s’arrêter et de hurler vers le ciel son désespoir et sa solitude.

Lorsque la lune se leva à nouveau, Eliah ne pouvait plus avancer. Le chagrin l’accablait. Les deux petites sur son dos pleuraient doucement, épuisées et affamées. Au détour du ruisseau qu’elle suivait, la louve aperçut un feu de camp. Elle s’approcha. Un elfe de la nuit la surveillait plein de méfiance, qui se transforma en surprise quand il réalisa la nature du fardeau que transportait la louve. Il s’approcha doucement, détacha calmement les enfants, et avec des gestes rassurants, leur tendit à chacune un morceau de pain.

Eliah refusa la lanière de viande séchée qu’il lui présenta. Elle avait accompli son devoir. Elle ferma ses yeux ambrés qui déjà se voilaient. Le museau dans la mousse épaisse de la forêt, elle tendit son esprit vers celui de Menelie qui l’attendait dans l’au-delà, où elles chasseraient désormais ensemble pour l’éternité.

———————————

This summer night was strange. The silence was heavy in the dark forest. Eliah was worried. The old female wolf was keeping a sharp eye on the two young night elves babbling in the moonlight. She could feel the storm coming, her rheumatisms were beginning to ache. Eliah sighed. It was a long time she wasn’t hunting anymore with her friend and she missed that. She now spent her long nights watching over her friend’s two offsprings, such weak creatures they were, it was pitiful. One of the two children, the jade-green haired one, could stand on her feet now and ran everywhere already, making these nights much less restful.

However, tonight the girls escapades were not what worried her. Tonight it was an unspoken anguish, a bad premonition. The wolf began to pace around the clearing, on the watch. It’s been three nights her friend was gone hunting alone. Such a long absence never happened since the girls were born.

Suddenly, her hackles began to rise. They were being watched. First she saw the two small, red and cruel eyes of the grell in the shadow, its greenish and filthy skin blending with the moss covering the ground. It jumped to the little girls while the wolf dashed forward. With one jump, it was there and it caught one of the girls who yelled. With a second jump, it was going to disappear with its prize when it was mowed down in mid-air by an arrow with the white fletching Eliah knew so well. Melenie entered the clearing, her bow in one hand and her sword in the other. The elf looked awful. Exhausted, injured on the left flank, she could barely walk.

She rushed to release her daughter from the demon and installed her astride the wolf. She did the same with her second daughter and strapped them on the wolf’s back with a leather thong. Then she chased them away. She waved Eliah to flee, far, without pausing, without coming back. More demons were coming. They had to live.

The storm was there. After sinking for the last time her golden gaze into Menelie’s silvery one, Eliah dashed forward. She fled like the wind between the trees. She ran the whole night, and went on during the day. She ran despite the pain in all her muscles and much more pain in her heart, telling her that her lifetime companion was dead. She wanted to stop running and howl to the sky her despair and her solitude.

When the moon rose again, Eliah could go no further. The grief was too heavy. The two little ones on her back were crying softly, tired and hungry as they were. Along the little river she was following, the wolf saw the light of a campfire. She came near it. A night elf was watching her approaching, first with suspicion, then with surprise when he discovered her burden. He came near and loosened the children, and with slow and reassuring moves, gave them some bread.

Eliah refused the dried meat he offered her. She had done her duty. She closed her already veiled amber eyes. Her muzzle in the soft and thick moss, she reached out her spirit toward Menelie’s, who was waiting for her in the after-life, where they would now hunt together forever.

Week-end de nolife…

Ce week-end, on a fait les nolifes… Pourtant, on avait bien pris la résolution de faire des choses dans la maison tout ça… Mais non.

On a joué, comme des malpropres. Beaucoup. On a fait des raids, plein. On a aussi beaucoup papoté sur TS avec Sherydan notamment. Jusqu’à pas d’heure.

On a parlé des raids foireux de la semaine. Parce qu’ils ont été foireux… Un soir où on fait 4 trys en 2h30, c’est nul. Manque de monde pour compléter les raids, manque d’attention de la part de certains, manque de discipline (par les mêmes), des soucis avec les présences, des raid-leader « stagiaires » qui ont galéré… Et ça deux soirs de suite. La seule différence, le premier soir au moins le boss est tombé. Le deuxième soir, on a fait 3 trys… et on a à peine fait une égratignure à ce malheureux Thaddius…

Fin de raid

Fin de raid

Voilà comment résumer la soirée en une image… On a passé notre temps à tp des gens avec le portail du démoniste, et on a fini par abandonner et rentrer à Dalaran. Allez Noé, dit au revoir à Thaddius… Ron nous attend.

Bref, j’étais énervée. Et le GM consterné… Du coup, on a enchainé sur un petit Sartharion pour les motivés encore connectés afin de remonter le moral des troupes (enfin pas tout le monde était malheureux hein ! L’autre groupe avait tombé Kel Thuzad *applaudissement*). On l’a massacré… Avec le groupe qu’on avait, on aurait pu le tomber avec un add.

Et l’autre soir aussi, on a causé itemisation du chassou spé Survie. Sherydan était en proie à un grand dilemne. Quel objet enfiler ? Quel stuff, quelles gemmes, quels enchants ? Et cela a vite dévié vers les talents, quoi prendre, quoi laisser tomber ? Et enfin, un petit test poteaux en duo pour voir les améliorations. Il y en avait. Mais pas assez. Il était 2h du matin… Une petite comparaison de nos deux performance sur un même laps de temps me montra le souci de son dps stagnant : la rotation. On a donc encore passé 2h à discuter rotation, procs de « prêt à tirer », addons… Il a bien gagné 300 dps… Par contre, heureusement que c’était le week-end…

Et sinon, lundi férié, et à 15h45 alors qu’on allait faire une pause, sur TS on entend :

Sherydan : « bon alors, qui est inscrit pour le raid à 16h ? »
*Nef et Ron se regardent : un raid à 16h ?*
Sherydan : « si on est trop, on fera pas Malygos mais plutôt un raid BC… »
*Nef et Ron se regarde : un raid BC ?!!!*
*Nef et Ron s’inscrivent pour le raid… Tant pis pour la vaisselle.*

J’étais toute folle… On a vu Dame Vajsh : je me suis rarement autant amusée sur un combat de boss… On a vu Kael’Thas, il a pris cher, nous aussi un peu… On a vu le Mont Hyjal. Les deux premières parties sont fun ! J’ai même tanké les wyrms. Puis on a trouvé Archimonde… Il nous a bien démonté… Il était tard, on a arrêté là. En plus le raid habituel était toujours prévu…

J’ai fait quelques screenshots de l’après-midi. http://picasaweb.google.fr/nefernet.krasus/RaidsBCAvecLesAnciens#

Le soir, raid encore : Malygos ! Yeah ! On s’est bien fait démonter aussi mais bon, on a bien avancé, jusqu’à la troisième phase où on s’est systématiquement faits allumer… Bref grosse journée de raid, mais excellente ! Par contre, crevant… Vous croyiez que c’était pour se reposer le week-end ?

Promenons-nous dans les bois…

Voici un texte écrit pour un concours rôleplay sur le forum de guilde Délire Boréal un peu avant la fin de la guilde. Un petit détour par l’enfance de mes personnages…

Les deux fillettes, enfouies sous les aiguilles de sapin, observaient avec intérêt le traquelune qui s’approchait à petites foulées rapides. Seules deux paires de longues oreilles dépassaient du tas de feuilles et leurs yeux argentés brillaient dans l’obscurité. Nefernet sentait sa sœur jumelle trembler de peur ou d’excitation. Neferna avait toujours été la plus craintive des deux mais sa curiosité l’emportait toujours lorsqu’il s’agissait d’accompagner sa sœur dans la forêt pour observer les animaux. Il leur fallait alors user de toute leur imagination pour camoufler ses cheveux blancs et son teint albinos.

Nefernet n’avait pas peur. Elle connaissait bien cette vielle lionne, gardienne de la forêt. Elle savait qu’elle rentrait à sa tanière après une nuit de chasse. Sans doute consciente de la présence des deux elfettes, elle passait cependant tranquille, rassasiée.

Tout à coup, elle s’immobilisa, aux aguets, fixant un point sur la gauche des deux enfants, puis elle feula de douleur. Nefernet réalisa alors avec horreur qu’une flèche rouge à empennage noir était fichée dans son flanc. Neferna, apercevant la flèche à son tour cria et sa sœur la vit se dresser hors de leur cachette et s’élancer vers l’animal dans un élan de pitié. Se précipitant à sa suite, Nefernet la rattrapa juste au moment où le satyre déboula dans la clairière.

Deux fois plus grand que les fillettes, il leur parut gigantesque, du haut de ses longues pattes musclées aux sabots fourchus, il avait la peau rouge, presque noire, des yeux de braise et des cornes noires et luisantes au milieu d’une crinière rousse. Il tenait d’une main un arc court, et de l’autre un cimeterre ébréché et rouillé. Lorsqu’il aperçut les deux elfettes pétrifiées devant lui, son expression passa de la simple excitation de la chasse à la convoitise et à la cruauté. Sa proie n’était plus la même.

Nefernet réagit la première. Agrippant la main de sa sœur, elle la tira de sa transe et s’élança entre les arbres, juste au moment où la lionne attaquait le satyre qui ne s’était pas méfié de l’animal blessé. Nefernet courrait le plus vite possible, droit devant elle, tirant derrière elle sa sœur qui avait habituellement toutes les peines du monde à la suivre mais à qui la peur donnait des ailes.

Les branches et les ronces lui griffaient le visage et les bras, glissant sur leurs tuniques en cuir. Neferna trébucha, et en l’aidant à se relever Nefernet entendit distinctement un bruit de galop derrière elles. Elles reprirent leur course effrénée. Nefernet ne reconnaissait plus la forêt, elle s’était perdue. Elle ne savait où trouver de l’aide ou un abri. Fermant son esprit à toute autre pensée, elle courrait, tel le guépard, entrainant derrière elle sa sœur terrorisée.

Les bruits de sabots se firent plus proches, et des flèches commencèrent à siffler au dessus de leurs têtes. Jettant un coup d’œil derrière elle, Nefernet aperçut le satyre à quelques dizaines de pas en arrière. Son flanc gauche saignait, la lionne l’avait sans doute blessé, mais il courrait encore nettement plus vite que les fillettes.

Tout à coup, Nefernet sentit le sol se dérober sous ses pas. Elle n’avait pas vu le ravin caché par les arbres et les buissons. Elle chuta de quelques pieds, entrainant sa sœur dans sa chute, et elles dévalèrent pêle-mêle la pente faite de sable et de gravats, s’arrêtant en bas dans un nuage de poussière. A la grande surprise de Nefernet, leur chute avait été amortie par quelque chose de moelleux. La chose bougea alors, réveillée en sursaut par les deux elfettes tombées de la falaise. C’était un ours. Un gros ours passablement grognon d’être dérangé avant même que l’aube soit levée qui les fixait d’un petit œil noir et brillant de malice.

Au dessus d’elles, le satyre avait découvert le ravin également, mais dressé sur ses pattes arrières, proche à le toucher, l’ours occupait tout leur champ de vision. Il grogna et balaya les deux fillettes d’un coup de patte, les envoyant rouler sur le côté, puis il chargea le satyre enfoncé jusqu’aux genoux dans le sable.

Se relevant douloureusement sur ses jambes flageolantes, Nefernet frotta ses paumes maculée de sang et de poussière sur sa tunique avant de tenter de relever sa sœur qui, secouée par de gros sanglots, cherchait désespérément son souffle. De grosses larmes traçaient des sillons blancs dans la poussière qui maculait ses joues. Ses jambes refusaient de la porter. Nefernet elle-même sentait la tête lui tourner.

Derrière elles, le combat entre l’ours et le satyre prenait fin. Se retournant, Nefernet aperçut des tatouages sur les épaules de l’animal qui, triomphant, achevait le satyre d’un coup de griffe. Le combat terminé, l’ours se dandina tranquillement vers les deux elfettes. Sous leurs yeux ébahis, il se transforma alors en un grand elfe de la nuit, à la silhouette assez trapue et aux cheveux bleu-nuit. Le druide sourit aux deux fillettes apeurées et s’approcha. Il les examina afin de vérifier qu’elles n’étaient pas gravement blessées puis demanda à Nefernet de lui raconter ce qui leur était arrivé.

Le récit le rendit soucieux. La présence de satyres aussi près du village ne présageait rien de bon, il fallait avertir la garde rapidement. Se transformant à nouveau, il fit grimper les fillettes sur son dos et c’est à dos d’ours qu’elles rentrèrent au village, épuisées mais triomphantes.

Besoin d’écrire aujourd’hui…

Et voilà, je me lance. Je crée un blog sur mon expérience dans le monde de Warcraft en ligne. c’est des choses qui arrivent même aux meilleurs d’entre nous…

Cela vient sans doute du fait que j’ai besoin de raconter ce que je fais, de partager mon expérience. Mais aujourd’hui, j’ai un coup de blues. Une vraie gueule de bois. Il s’est passé beaucoup de choses en quelques semaines.

Hier, j’ai quitté la guilde que j’avais fondée avec mes amis des premiers raids, des premiers wipes, des premières victoires. Chacun est parti de son côté avec la promesse de rester en contact, de jouer ensemble de temps en temps. J’y crois pas tellement, nos calendriers de raid risquent d’être assez incompatibles maintenant.

J’ai un gros vide à combler. Plus de forum de guilde à gérer, plus de raid à organiser, plus de prise de tête non plus. Mais des amis dispersés et un goût amer dans la bouche pour n’avoir pas réussi à avancer avec notre guilde. Il ne servirait à rien de blâmer qui que ce soit, l’échec de la guilde vient de plein de petites choses insignifiantes qui ont créé une grosse masse informe et autodestructrice.

Hier, j’ai fait mon dernier raid avec mon tabard Délire Boréal. J’ai raidé avec mes futurs guildoux. Comme presque chaque soir depuis une semaine. J’ai fini de vider la banque de guilde et d’envoyer tout ce fatras à tous les ex-guildoux. Un drôle de cadeau d’adieu.

Certain guildoux étaient encore là, à la fin de la soirée. Askarhi était encore là, tentant de réaliser ce qui s’était passé en trois jours. Notre cher palatank se sentait abandonné, avec la décision de Tati de quitter Wow. Et de le faire si vite et si définitivement… Il ira rejoindre d’autres guildoux dans une autre guilde, pas la même que moi. Il a choisi et le choix était difficile, lui qui nous apprécie tous autant les uns que les autres.

Hier, j’ai été guildée par Sherydan. Un drôle de moment. Au milieu de la foire qu’est la banque de Dalaran,  Nefernet s’est agenouillée, de grosse larmes roulaient sur ses joues. Sherydan l’a vue sans guilde, Sherydan l’a invitée chez <les anciens> avec entousiasme, Nefernet a accepté.

Guildée chez les anciens...

Guildée chez les anciens...

Après les première paroles de bienvenue. Nefernet s’est tue. Elle a observé, écouté. C’est tellement étrange un canal de guilde où je ne connais pas chacune des personnes qui va et vient. Et ces voix encore inconnues sur TS.

Et là, gros coup de blues… Trop émue pour parler sur TS ou n’importe où, j’ai laissé passer le temps. Je suis allée me coucher. Ça passera. Ça ira mieux bientôt.

Et puis passer de chef de guilde à simple recrue, ça fait un peu bizarre. C’est aussi nettement moins usant, le poids des responsabilité est tellement plus léger !

Une chose est sûre. On est à l’aise avec ces joueurs, Ron et moi. On se sent vraiment accueillis. Leurs raids sont agréables, pas de complications inutiles, pas de bavardages. Je ferai des efforts, je ferai de mon mieux pour m’intégrer à cette nouvelle guilde. Lorsque ma bonne humeur sera revenue, ce sera bien…