Promenons-nous dans les bois…

Voici un texte écrit pour un concours rôleplay sur le forum de guilde Délire Boréal un peu avant la fin de la guilde. Un petit détour par l’enfance de mes personnages…

Les deux fillettes, enfouies sous les aiguilles de sapin, observaient avec intérêt le traquelune qui s’approchait à petites foulées rapides. Seules deux paires de longues oreilles dépassaient du tas de feuilles et leurs yeux argentés brillaient dans l’obscurité. Nefernet sentait sa sœur jumelle trembler de peur ou d’excitation. Neferna avait toujours été la plus craintive des deux mais sa curiosité l’emportait toujours lorsqu’il s’agissait d’accompagner sa sœur dans la forêt pour observer les animaux. Il leur fallait alors user de toute leur imagination pour camoufler ses cheveux blancs et son teint albinos.

Nefernet n’avait pas peur. Elle connaissait bien cette vielle lionne, gardienne de la forêt. Elle savait qu’elle rentrait à sa tanière après une nuit de chasse. Sans doute consciente de la présence des deux elfettes, elle passait cependant tranquille, rassasiée.

Tout à coup, elle s’immobilisa, aux aguets, fixant un point sur la gauche des deux enfants, puis elle feula de douleur. Nefernet réalisa alors avec horreur qu’une flèche rouge à empennage noir était fichée dans son flanc. Neferna, apercevant la flèche à son tour cria et sa sœur la vit se dresser hors de leur cachette et s’élancer vers l’animal dans un élan de pitié. Se précipitant à sa suite, Nefernet la rattrapa juste au moment où le satyre déboula dans la clairière.

Deux fois plus grand que les fillettes, il leur parut gigantesque, du haut de ses longues pattes musclées aux sabots fourchus, il avait la peau rouge, presque noire, des yeux de braise et des cornes noires et luisantes au milieu d’une crinière rousse. Il tenait d’une main un arc court, et de l’autre un cimeterre ébréché et rouillé. Lorsqu’il aperçut les deux elfettes pétrifiées devant lui, son expression passa de la simple excitation de la chasse à la convoitise et à la cruauté. Sa proie n’était plus la même.

Nefernet réagit la première. Agrippant la main de sa sœur, elle la tira de sa transe et s’élança entre les arbres, juste au moment où la lionne attaquait le satyre qui ne s’était pas méfié de l’animal blessé. Nefernet courrait le plus vite possible, droit devant elle, tirant derrière elle sa sœur qui avait habituellement toutes les peines du monde à la suivre mais à qui la peur donnait des ailes.

Les branches et les ronces lui griffaient le visage et les bras, glissant sur leurs tuniques en cuir. Neferna trébucha, et en l’aidant à se relever Nefernet entendit distinctement un bruit de galop derrière elles. Elles reprirent leur course effrénée. Nefernet ne reconnaissait plus la forêt, elle s’était perdue. Elle ne savait où trouver de l’aide ou un abri. Fermant son esprit à toute autre pensée, elle courrait, tel le guépard, entrainant derrière elle sa sœur terrorisée.

Les bruits de sabots se firent plus proches, et des flèches commencèrent à siffler au dessus de leurs têtes. Jettant un coup d’œil derrière elle, Nefernet aperçut le satyre à quelques dizaines de pas en arrière. Son flanc gauche saignait, la lionne l’avait sans doute blessé, mais il courrait encore nettement plus vite que les fillettes.

Tout à coup, Nefernet sentit le sol se dérober sous ses pas. Elle n’avait pas vu le ravin caché par les arbres et les buissons. Elle chuta de quelques pieds, entrainant sa sœur dans sa chute, et elles dévalèrent pêle-mêle la pente faite de sable et de gravats, s’arrêtant en bas dans un nuage de poussière. A la grande surprise de Nefernet, leur chute avait été amortie par quelque chose de moelleux. La chose bougea alors, réveillée en sursaut par les deux elfettes tombées de la falaise. C’était un ours. Un gros ours passablement grognon d’être dérangé avant même que l’aube soit levée qui les fixait d’un petit œil noir et brillant de malice.

Au dessus d’elles, le satyre avait découvert le ravin également, mais dressé sur ses pattes arrières, proche à le toucher, l’ours occupait tout leur champ de vision. Il grogna et balaya les deux fillettes d’un coup de patte, les envoyant rouler sur le côté, puis il chargea le satyre enfoncé jusqu’aux genoux dans le sable.

Se relevant douloureusement sur ses jambes flageolantes, Nefernet frotta ses paumes maculée de sang et de poussière sur sa tunique avant de tenter de relever sa sœur qui, secouée par de gros sanglots, cherchait désespérément son souffle. De grosses larmes traçaient des sillons blancs dans la poussière qui maculait ses joues. Ses jambes refusaient de la porter. Nefernet elle-même sentait la tête lui tourner.

Derrière elles, le combat entre l’ours et le satyre prenait fin. Se retournant, Nefernet aperçut des tatouages sur les épaules de l’animal qui, triomphant, achevait le satyre d’un coup de griffe. Le combat terminé, l’ours se dandina tranquillement vers les deux elfettes. Sous leurs yeux ébahis, il se transforma alors en un grand elfe de la nuit, à la silhouette assez trapue et aux cheveux bleu-nuit. Le druide sourit aux deux fillettes apeurées et s’approcha. Il les examina afin de vérifier qu’elles n’étaient pas gravement blessées puis demanda à Nefernet de lui raconter ce qui leur était arrivé.

Le récit le rendit soucieux. La présence de satyres aussi près du village ne présageait rien de bon, il fallait avertir la garde rapidement. Se transformant à nouveau, il fit grimper les fillettes sur son dos et c’est à dos d’ours qu’elles rentrèrent au village, épuisées mais triomphantes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :